J'était à Moscou avec la sélection Portugaise , qui devait jouer le lendemain contre la russie un match de calification pour la coupe du monde 2006. C'était un mardi.
J'était dans ma chambre , je regardais un film , quand Luiz Felipe Scolari m'a convoqué. Je suis allé dans sa chambre , où Luis Figo , capitaine de l'equipe Portugaise à l'époque , était déjà présent J'ai trouvé bizarre , mais je n'aurais jamais imaginé qu'ils allaient m'annoncer la mort de mon pére. Ca à étè un véritable choc pour moi. J'avais l'impression de ne plus rien ressentir. Ma tête était comme un ballon dégonflé. Je ne pouvais penser à rien. A rien du tout.
Luiz Felipe Scolari m'a dit : "Cristiano , tu peux partir si tu veux. On va s'occuper tout de suite de tes billets d'avion , tu vas pouvoir rejoindre ta famille."J'ai répondu : "Non , non , je veux rester ici , et je veux jouer demain." Ce sont les premier mots qui m'ont traversé l'esprit. Mais ils étaient honnête et sincére. Je lui ai dit qu'il pouvait me faire confiance , qu'il y aurait des moments difficiles , mais qu'il pouvait compter sur moi pour le match , et que mon seul souhait était d'y participer. J'ai pensé que c'était ce que je devait faire. J'ai pris cette décision pour moi-même , pas pour d'autres personnes ou à cause d'autre personnes. Je me suis pas demander si ma décision serait bonne ou mauvaise pour moi , je ne me suis pas demandé si ma présence auprés de mon pére aurait pu aider quelqu'un , ou si mon absence allait blesser quelqu'un. Je n'ai pensé qu'àune chose : rester à Moscou et jouercontre la Russie. "Je vais jouer ce match en la mémoir de mon pére , je vais jouer pour lui". Et je l'ai fait.
Le jour du match , l'ambiance était lourde dans les vestiaires , et même pendant la période d'échauffement , c'était étrange. Mes coéquipiers ne se comportaient pas normalment. Ils étaient silencieux , triste , renfermés sur eux-mêmes , ne sachant pas quelle attitudeadopter. Je suis allé vers eux pour leur demander d'agir naturellement ; il fallait qu'ils restent eux-même , ça ne rimait à rien de changer leur comportement à cause de moi. Je les ai encouragés à rire. J'ai ressenti le besoin de les stimuler , de leur remonter le moral. Je me suis efforcé de faire exactement les même choses que d'habitude , justement pour faire passer le message. Tous ceux qui conaissent Cristiano Ronaldo savent que dans les vestiaire , je joue toujours avec le ballon. Tour seul ou avec quelquns autres coéquipiers. Pour la premiére fois , ça ne se passait pas ainssi. Pour soulager la tension et leur montrer que l'équipe devait se comporter normalmment , je me suis donc mis à jouer avec le ballon.
Je ne dirai pas que ça n'a pas étè dur pour moi. Même trés dur. Mon pére occupait toutes mes pensées. Et c'est vrai que j'ai essayé d'inscrire un but. J'essaie toujours , quelque soit le match dans lequel je joue. Mais ce but aurait étè différent. Oui , vraiment , il aurait étè spécial.
Luiz Felipe Scolari , comme je l'ai déjà dit , a joué un role décisif dans ces moments difficiles pour moi. En fait , au moment où l'équipe s'entraînait pour le match , il m'a donnéla permission de rentrer à Londre pour y retrouver mon pére , déjà trés malade. Il m'a dit : "N'oublie jamais que la famille passe avant tout. Le football vient aprés." J'ai refusé. A ce moment précis , notre amitié s'est renforcée. Il m'a raconté comment il avait perdu son propre pére et nous avons tous les deux pleuré. Il s'est montré chaleureux , compréhensif , il m'a reconforté , m'a donné du courage.
Dieu a voulu que mon pére s'en aille. J'ai trouvé sa disparition injuste , mais c'est la vie. Des gens meurent tous les jours , et nous savons que chacun de nous devra disparaître tôt ou tard. Mais lorsqu'il s'agit de l'un de nos proches , ce n'est pas si simple. Bien souvent , quand je suis à la maison , je sens sa présence. Je ne peux pas l'expliquer , mais il m'arrive parfois d'avoir l'impression de l'entendre encore me dire : "Non , ne fais pas ça , ce n'est pas ce qui te convient." Il est toujours é mes côtés.
J'ai vécu des moments trés difficiles. Et c'est encore difficile aujourd'hui. Mais je dois poursuivre mon chemin , je ne peux pas m'arrêter. Mon frére , mes sours et moi-même ressentons toujours un grand vide dans nos vie. Ni moi , ni ma famille n'avons pu surmonter totalement cette disparition. Nous continuon d'aimer quelqu'un qui n'est pas présent physiquement , mais nous devons être forts et continuer d'avancer. La vie est trop courte pour que l'on perde du temps en pensées négatives , triste et morbides. C'est pourquoi je n'aime pas me lancer dans de grandes conversation sur la mort.
Une fois , je discutais avec ma mére , lorsqu'elle m'a complétement pris au dépourvu : "Un jour , je devrai quitter mes enfants , et je ne pourrai plus jamais les voir ni les protéger." Les larmes me sont montées aux yeux. Pourquoi faut-il que les parent parlent de ça à partir d'un certain âge ? J'ai immédiatement changé de sujet , car je n'aime vraiment pas ça , je me suis senti trés mal à laisse. Je crois qu'il faut fair bon usage de ce que la vie nous donne et en profiter pleinement , car elle passe trop vite. Je pense qu'il peut y avoir une sorte de vie aprés la mort. Il estpossible que nous ne nous rencontrions jamias directement , mais ce rêve peut devenir infini. Aujourd'hui nous sommes ici , en ce moment , et il faut profiter de la vie au maximum. Il faut savoir prendre tout ce qui nous est donné. Sans avoir à se lancer dans de profondes pensées philosophiques.[/c]